clientèle

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processus d'admission
processus d'admission

 

Avant d'être admis dans l'organisme, tous les futurs membres qui font une demande de service doivent rencontrer deux intervenants qui procèdent à une évaluation psycho-sociale. De façon très respectueuse, on tente alors d'en savoir davantage sur le vécu de la personne de même que sur les raisons qui l'incitent à faire une demande de service dans notre organisme. Lors de l'entrevue, on détermine aussi si les services offerts peuvent convenir aux besoins exprimés par la personne et on évalue ensemble de quelles façons l'organisme peut le mieux lui venir en aide. Les principaux aspects qui sont ressortis de l'entrevue sont ensuite partagés avec les membres de l'équipe lors de la réunion du personnel. C'est à ce moment que nous décidons ensemble si la personne est admise dans nos services ou si elle doit être référée. Par ailleurs, s'il y a lieu, nous déterminons le travailleur qui sera assigné au suivi.

-critères d'admissibilité

Selon une entente conclue avec l'Agence de la Santé et des Services sociaux de Montréal, l'Association Bénévole Amitié inc. offre des services de réhabilitation et de réinsertion sociale exclusivement à des personnes d'âge adulte qui éprouvent un problème de santé mentale. L'organisme dessert en priorité des personnes qui ont élu résidence dans la sous-région centre-ouest. Il s'agit des quartiers dont le territoire est desservi par les CLSC Métro, Côte-des-Neiges, Côte NDG/Montréal-ouest, Parc Extension et René-Cassin.

 

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caractéristiques de la clientèle
caractéristiques de la clientèle

Au cours de l'année 2005-2006, 309 membres ont bénéficié d'un ou plusieurs programmes de l'Association Bénévole Amitié inc. De ceux-ci, 26 sont des nouveaux membres.

Comme par les années précédentes, les statistiques de l'année 2005-2006 révèlent que les hommes sont encore majoritaires. On en compte 179 alors que nous recensons 130 femmes. On constate également que la grande majorité des membres sont célibataires. Ces personnes représentent un peu plus de 79% de notre clientèle.

Les membres d'expression anglaise sont plus nombreux. En effet, ils regroupent 61,5% de la population de l'organisme. Cette année les statistiques révèlent que ce sont les anglophones qui sont plus nombreux à pouvoir s'exprimer tant dans la langue de Shakespeare que dans celle de Molière. En effet, ils sont 32,2% d'entre eux à pouvoir le faire alors que seulement 20,2% des francophones peuvent converser dans les deux langues. Par ailleurs, nos données statistiques révèlent qu'en plus de parler le français ou l'anglais, 32,9% de la clientèle s'exprime aussi dans une autre langue.

Par ailleurs, la littérature scientifique fait souvent mention des conditions précaires et de l'état de pauvreté dans lesquels vivent les personnes qui ont un problème de santé mentale. Les statistiques recueillies viennent renforcer cet état de fait. En effet, 76,5% de notre clientèle fait partie de la catégorie de citoyens les plus défavorisés économiquement puisqu'ils sont prestataires de la sécurité du revenu alors qu'on note que seulement 4,5 % des membres ont un emploi ou bénéficient de l'assurance-emploi pour le moment. Les statistiques révèlent aussi que près de 39% des membres qui ont bénéficié des services de l'organisme cette année ont été considérés itinérants à un moment ou à un autre de leur vie. Par leur travail constant auprès d'eux, les intervenants de l'organisme les ont aidés à s'en sortir. A ce sujet, de nombreux chercheurs, dont Louise Fournier, soutiennent que la désinstitutionnalisation massive a alimenté le réseau de l'itinérance. En effet, après avoir été pris en charge pendant de nombreuses années, on a ouvert toutes grandes les portes des institutions psychiatriques sans toutefois s'assurer de fournir à tous un encadrement adéquat.

Maintenant, en abordant le degré d'autonomie des membres de l'organisme, on remarque que la grande majorité d'entre eux sont indépendants. Ils sont 80,5% à vivre seuls en appartement, en logement ou en chambre dans un organisme communautaire d'habitation. Les statistiques montrent aussi que 8,6% de la population de l'organisme cohabite avec un parent, un ami ou un conjoint. On note que seulement 9,6% des membres sont considérés moins autonomes. Ils vivent en foyer de groupe, en famille d'accueil ou en résidence pour personnes âgées. En ce qui concerne le lieu de résidence des membres, les statistiques indiquent que 84,4% d'entre eux ont élu domicile dans des quartiers situés dans la sous-région centre-ouest. On remarque, par ailleurs, que ceux-ci sont majoritairement concentrés au centre-ville de Montréal. Spécifiquement, un peu moins de 50% des membres de l'organisme logent à des adresses dont les rues sont situées entre les stations de métro Atwater et Place-des-Arts. Toutefois, les statistiques nous disent que 15,6% de la clientèle habite à l'heure actuelle en dehors des limites du territoire de la sous-région. Parmi ceux-ci, près de 81% ont été acceptés dans l'organisme parce qu'ils bénéficient d'un suivi médical dans un hôpital de la sous-région et que leur professionnel traitant leur a suggéré de faire une demande de service dans notre organisme. Pour ce qui est des autres membres qui reçoivent nos services et ce, même s'ils demeurent dans une autre sous-région, les statistiques révèlent que certains résidaient dans un quartier du centre-ouest au moment de leur demande de service. On note aussi que d'autres ont demandé à devenir membres parce qu'aucun service similaire à ceux que nous offrons n'était disponible dans leurs sous-régions.

Enfin, on remarque que de plus en plus de demandes de services proviennent d'individus de différentes communautés culturelles. Ceux-ci constituent en fait 40,6% de notre population. Un membre du personnel s'exprime en espagnol, un autre parle le créole et un autre peut converser un peu en vietnamien. Puis, nous concluons notre bref portrait en abordant les données qui concernent la clientèle judiciarisée. Des organismes communautaires, des professionnels de la santé, des policiers et des intervenants du domaine de la justice nous réfèrent de plus en plus de ces personnes. Actuellement, près de 38% de notre clientèle a eu des démêlés avec la justice.

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distribution des membres selon le diagostic

58% schizophrénie

16% dépression majeure

12% désordres de personnalité

9% troubles bipolaires (maniaco-depression)

4% troubles anxieux

1% Autres: choc post-traumatique ou d'agoraphobie

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distribution des membres de sexe masculin selon le diagostic

65% schizophrénie

13% désordres de personnalité (5% en 2000-2001)

12% dépression majeure

6% troubles bipolaires (maniaco-depression)(12% en 2000-2001)

4% troubles anxieux

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distribution des membres de sexe féminin selon le diagostic

43% schizophrénie

25% dépression majeure

21% troubles bipolaires (maniaco-depression)

9% désordres de personnalité

2% troubles anxieux
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distribution des membres selon la référence

Ce graphique nous permet de voir de quelles façons les membres de l'organisme ont été incités à faire une demande de services à l'Association Bénévole Amitié inc. Mais avant d'examiner les statistiques, nous jugeons à propos de décrire brièvement les procédures d'admission. C'est souvent un professionnel de la santé, un intervenant communautaire, un membre de l'organisme ou encore un parent qui est le premier à entrer en communication avec un membre du personnel afin d'y référer une personne qui, croit-il, pourrait bénéficier d'un ou plusieurs services de l'organisme. Après avoir expliqué nos services, nous recommandons alors à l'interlocuteur d'informer la personne concernée de nos programmes et services. Nous mentionnons aussi que si cette dernière se montre intéressée, elle devra alors elle-même contacter l'organisme pour faire une demande de services.

36% sont invités à prendre contact avec nous sous la recommandation d'un professionnel de la santé et des services sociaux

33% proviennent d'établissements de santé de la sous-région

3% proviennent d'établissements de santé hors de la sous-région

Les données qui n'apparaissent cependant pas au graphique indiquent que ce sont des professionnels de l'Hôpital Général de Montréal qui ont été les plus nombreux à référer. Ceux-ci constituent 16% du nombre total des référents. Nos statistiques révèlent aussi que l'Institut Allen Memorial, le centre hospitalier St-Mary's, l'Hôpital Général Juif et les CLSC Métro, René-Cassin et Côte-des-Neiges sont les autres établissements de la sous-région centre-ouest dont les professionnels ont parlé de nos services à leurs clients.

29% recommandé à l'organisme par une personne qui reçoit déjà nos services

26% des membres le sont devenus grâce à la suggestion d'un intervenant d'un organisme communautaire. Parmi ces organismes, on retrouve le plus souvent Maison Saint-Dominique, le centre de crise Tracom, le RACOR en santé mentale, l'Association Canadienne pour la Santé Mentale, filiale de Montréal et Projet Arc.

6% adhésion des membres de SHO (Self-Help Organization)

3% a lui-même effectué leurs propres recherches de ressources

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distribution des membres selon le suivi médical

29% Hôpital Général de Montréal

38% Hôpital de la sous-région centre-ouest: l'Institut Allen Memorial, le centre hospitalier St-Mary's et l'Hôpital Général Juif de Montréal

19% Hôpital hors de la sous-région centre-ouest (9% Hôpital Douglaset, 8% Hôtel-Dieu)

6% cabinet privé

6% CLSC de la sous-région

2% des membres ont un suivi avec un professionnel du Centre de Psychiatrie Légale de Montréal

 

 

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témoignages
témoignages

 

"'Quoiqu'il en soit je suis toujours là…''

Cette phrase tirée d'un poème écrit récemment résume à elle seule ce que m'a apporté le suivi communautaire depuis bientôt six ans.

Deux ans avant ces six années, suite à une tentative de suicide, on m'a dirigée vers un centre de crise où j'ai eu un suivi de six semaines qui m'a sauvé la vie, m'a aidée à accepter un diagnostic de bipolarité qui m'a estomaquée et à essayer de recommencer à vivre avec cette nouvelle vision de moi-même.

Mais si je suis encore là, c'est surtout grâce au suivi d'un autre organisme communautaire recommandé par un ami où j'ai eu la chance et l'honneur d'être accompagnée dans mon cheminement par deux êtres extraordinaires. Il est encore très émouvant pour moi d'en parler car les deux ont, depuis, quitté l'organisation et le dernier tout récemment.

La première intervenante 'A' était une personne qui, partout où elle passait, ensoleillait la pièce d'une énergie hors du commun, d'un positivisme indestructible et d'un sens de l'humour pouvant mettre un sourire sur les lèvres des plus grognons.

J'ai, dans ma vie adulte, vécu majoritairement dans un milieu marginal et créatif par choix mais aussi par affinité, un milieu déjà considéré par plusieurs comme un peu fou et rebelle, en énergie et changement constant. 'A' m'a acceptée telle que j'étais, faisant immédiatement la différence entre moi et la maladie qui m'oppressait terriblement durant les deux premières années. J'étais, la plupart du temps, en dépression, donc, sans énergie et sans ce besoin de faire qui m'avait permis d'exister jusque là. ''A'' m'a appris à accepter (pour autant que cela puisse se faire) ma maladie, à ne pas me punir d'être ''malade mentale'' et à faire dévier le peu d'énergie qui me restait vers de nouvelles façons de créer; elle m'a appris à rire de mes phobies en partageant les siennes. Nous avons en commun une vision un peu animiste et bouddhiste et, dans les pires moments, elle me les rappelait doucement. Elle écoutait, même si elle n'était pas d'accord, mes innombrables élucubrations philosophiques sur la vie et la mort. Sa chaleur, son empathie et sa compassion m'ont empêchée plus d'une fois de me laisser aller au désespoir et couler au fond du trou noir. Elle m'a aussi convertie à l'esprit communautaire. Ce besoin incessant d'être nourricière qui fait partie du côté soleil de moi, ce peu d'énergie vive qui avait besoin d'un exutoire mais ne pouvait plus s'exprimer comme avant, a commencé à s'éclater par une implication dans l'organisme communautaire auquel elle appartenait et qui existe toujours maintenant. Les changements d'attitude et le manque de soins en santé mentale sont un peu devenus mes chevaux de bataille.

Grâce à ''A'', j'ai retrouvé le sentiment d'être utile, de faire partie de cet éternel anneau d'atomes qu'est l'univers. Mais plus que cela, elle était et elle est encore une inspiration, une personne avec qui je partageais plus qu'une philosophie ou une façon de vivre; nous partagions aussi les mêmes convictions de l'âme, cette dimension si souvent ignorée en santé mentale. Sa présence dans ma vie m'a permis et me permet encore d'être quelqu'un plus à l'écoute des autres avec plus de compassion; elle m'a aidée à renaître et, malgré mes handicaps, à continuer d'être moi. Ma reconnaissance lui est éternelle et mon respect incommensurable.

Avant de quitter ''A'' s'est assurée que son remplaçant ait des atomes crochus avec moi; me connaissant bien, elle savait qu'il était difficile pour moi de communiquer avec une personne à l'attitude directrice. D'ailleurs, dans sa présentation, elle soulignait, en souriant toutefois, mon problème avec l'autorité. Ce n'est pas tellement un problème qu'une façon de vivre, un point de vue différent qu'il soit président, médecin, avocat ou juge, col bleu, travailleur de la construction ou même itinérant, je regarde l'être et non le paraître, le titre ou la fortune. Si je peux entrevoir de l'humanisme ou de la compassion, tout est possible, mais je suis totalement allergique à la condescendance, au p0aternalisme et à l'infantilisation.

Cela dit, ''V'' est devenu mon intervenant peu de temps après que j'ai été diagnostiquée comme souffrant de fibromyalgie, moment où mon corps devenait une entrave épisodique à la vie quotidienne. Autre rébellion, autre adaptation et autre déprime causées par les raideurs, les périodes de douleur et autres syndromes reliés. Encore une fois, un intervenant extraordinaire, philosophe, psychologue, qui d'une certaine façon a tempéré mon inaptitude à me résigner et m'a encouragée à me servir de mon invincible instinct de survie (Dieu sait d'où il me vient celui-là!) et à accepter mon hétérodoxe façon de vivre tout cela. Avec lui, j'ai eu de longues discussions philosophiques, une aide lors de problèmes médicaux et nous avons partagé un humour débridé voire même noir et ironique, à l'occasion.

Il a été une présence constante dans les moments les plus difficiles, a accepté la fébrilité de mes émotions en dents de scie, a encouragé sans relâche mes rêves les plus fous et a aidé à réaliser les plus sages. Il a un esprit communautaire universel, une vision du monde près de la mienne et nous avions une complicité sans laquelle vivre avec mes handicaps aurait été difficile. Encore une fois, j'ai une reconnaissance énorme et le souvenir de présence m'apport encore plein de chaleur et un sourire aux lèvres.

J'ai maintenant depuis peu un autre intervenant (qui a lu ce texte et a hâte de recevoir lui aussi ses éloges) que je connaissais déjà et qui semble vouloir parcourir avec moi les sentiers déjà tracés par les autres.

Sans le suivi communautaire, sans cette aide à évoluer, cet espace où communiquer et échanger avec des gens m'acceptant telle que je suis et m'encourageant à continuer de l'être, je ne serais probablement plus ''encore là''

Merci Amitié!
Loise Forest